SAM : Science Art et Méditation Strasbourg 2019

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La méditation de pleine conscience

Être pleinement conscient de l’instant et de ses sensations, pensées et émotions : cette attitude prônée par les sagesses orientales suscite l’intérêt des neuroscientifiques et psychologues, car elle favorise un état mental qui prémunit contre le stress et la dépression.

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S’arrêter et observer, les yeux fermés, ce qui se passe en soi (sa propre respira- tion, ses sensations corporelles, le flot incessant des pensées) et autour de soi (sons, odeurs…). Seulement obser- ver, sans juger, sans attendre quoi que ce soit, sans rien empêcher d’arriver à son esprit, mais aussi sans s’accrocher à ce qui y passe. C’est tout. C’est simple. C’est la méditation de pleine conscience. Et c’est bien plus efficace que cela ne pourrait le paraître aux esprits pressés ou désireux de se « contrôler ».

Qu’est-ce que la pleine conscience ?

La pleine conscience est la qualité de conscience qui émerge lorsqu’on tourne inten- tionnellement son esprit vers le moment pré- sent. C’est l’attention portée à l’expérience vécue et éprouvée, sans filtre (on accepte ce qui vient), sans jugement (on ne décide pas si c’est bien ou mal, désirable ou non), sans attente (on ne cherche pas quelque chose de précis).

La pleine conscience peut être décomposée en trois attitudes fondamentales. La première est une ouverture maximale du champ attentionnel, portant sur l’ensemble de l’expérience personnelle de l’instant, autrement dit, tout ce qui est présent à l’esprit, minute après minute : perceptions du rythme respiratoire, des sensations corporelles, de ce que l’on voit et entend, de l’état émotionnel, des pensées qui vont et viennent. La seconde attitude fondamentale est un désengagement des tendances à juger, à contrôler ou à orienter cette expérience de l’instant présent ; enfin, la pleine conscience est une conscience « non élaborative », dans laquelle on ne cherche pas à analyser ou à mettre en mots, mais plutôt à observer et à éprouver.

 

L’état de pleine conscience représente une modalité de fonctionnement mental qui peut survenir spontanément chez tout être humain. Différents questionnaires validés permettent d’évaluer les aptitudes spontanées à la pleine conscience ; l’un des plus étudiés, le MAAS(pour Mindful Attention Awareness Scale ou échelle d’évaluation de la pleine conscience) a été récemment validé en français par le psycho- logue Joël Billieux et ses collègues de l’Université de Genève (voir l’encadré page 24). Il propose des questions telles que : « Je casse ou renverse des choses parce que je suis inattentif(ve) ou parce que je pense à autre chose » ; « J’ai des difficultés à rester concentré(e) sur ce qui se passe dans le présent » ; « J’ai tendance à marcher rapidement pour me rendre là où je

veux aller, sans prêter attention à ce qui se passe durant le trajet ». Ces questions explorent nos capacités de « présence » ou d’absence (par dis- traction, préoccupation, ou tension vers un objectif) à tout ce que nous faisons. Mais l’aptitude à la pleine conscience peut aussi se cultiver : de nombreux bénéfices semblent être associés à cet « entraînement de l’esprit » que l’on nomme méditation de pleine conscience.

© Cerveau&Psycho – n°41 – Septembre-octobre 2010

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